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By comité invisible

À ceux pour qui l. a. fin d'une civilisation n'est pas l. a. fin du monde ;
À ceux qui voient l'insurrection comme une brèche, d'abord, dans le règne organisé de l. a. bêtise, du mensonge et de l. a. confusion ;
À ceux qui devinent, derrière l'épais brouillard de « los angeles crise », un théâtre d'opérations, des manœuvres, des stratégies - et donc l. a. possibilité d'une contre-attaque ;
À ceux qui portent des coups ;
À ceux qui guettent le second propice ;
À ceux qui cherchent des complices ;
À ceux qui désertent ;
À ceux qui tiennent bon ;
À ceux qui s'organisent ;
À ceux qui veulent construire une strength révolutionnaire, révolutionnaire parce que brilliant ;
Cette modeste contribution à l'intelligence de ce temps.

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Les virages d’ultras du Caire n’étaient pas des groupes révolutionnaires avant la « révolution », c’étaient seulement des bandes capables de s’organiser pour s’affronter avec la police ; c’est d’avoir tenu un rôle aussi éminent lors de la « révolution » qu’ils se sont trouvés forcés de se poser, en situation, les questions habituellement dévolues aux « révolutionnaires ». Là réside l’événement : non dans le phénomène médiatique que l’on a forgé pour vampiriser la révolte par sa célébration extérieure, mais dans les rencontres qui s’y sont effectivement produites.

On voudrait qu’affleure, lorsque viennent à céder les minces digues de la civilisation, le « vilain fond de l’homme » qui obsédait Pascal, les passions mauvaises, la « nature humaine », envieuse, brutale, aveugle et haïssable qui, depuis Thucydide au moins, sert d’argument aux tenants du pouvoir – fantasme malheureusement infirmé par la plupart des désastres historiquement connus. L’effacement de la civilisation ne prend généralement pas la forme d’une guerre chaotique de tous contre tous. Ce discours hostile ne sert, en situation de catastrophe sévère, qu’à justifier la priorité accordée à la défense de la propriété contre le pillage, par la police, l’armée ou, faute de mieux, par des milices de vigilantes formées pour l’occasion.

Il y voyait « une preuve de la privatisation absolue de l’État et de la vie publique ». Et c’est, même réuni sur une place, ce sondage permanent que devaient manifester en silence les mains levées ou baissées des « indignés » lors des prises de parole successives. Même le vieux pouvoir d’acclamer ou de huer avait ici été retiré à la foule. Le « mouvement des places » fut d’un côté la projection, ou plutôt le crash sur le réel, du fantasme cybernétique de citoyenneté universelle, et de l’autre un moment exceptionnel de rencontres, d’actions, de fêtes et de reprise en main de la vie commune.

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